Europa Linka

18 mars, 2009

-Le goût doux-amer de la citoyenneté

Classé dans : Non classé,Politique — europalinka @ 21:19

Une histoire de guillemets.

 En France, en principe, il n’y a pas de minorités. Le citoyen français est « français » tout court. Du moins officiellement. Il va de soi qu’en réalité des minorités ethniques et religieuses sont bel et bien présentes dans ce pays des droits de l’homme. Le trait d’égalité entre français et citoyen français est loin de faire l’unanimité et n’est pas aussi naturel dans la conscience collective que le proclame l’énoncé officiel. Avec toutes ses contradictions, le modèle français demeure toutefois digne d’attention à l’échelle européenne. En Europe Centrale et Orientale, la question des minorités ethniques se pose de façon polémique et suscite beaucoup de controverses. Il y eut, dans les années 90, le scandale des stérilisations des Roms en Slovaquie. Aujourd’hui, c’est en Hongrie que la haine contre la population tsigane a repris un nouveau souffle, suite à un « fait divers » tragique le 8 février: une rixe entre des membres de l’équipe de handball de la ville de Veszprém et un groupe de Roms a causé la mort d’un sportif, blessé à vie un autre. La notion de « criminalité tsigane », utilisé sans gêne par les radicaux de la droite hongroise et rejeté, ou en tout cas écrit avec de gros guillemets par les plus modérés se retrouve désormais dans la vie publique du pays avec encore moins de gêne d’un côté et, de l’autre, noté avec des guillemets et italiques encore plus « modérés ».

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13 mars, 2009

-De la simplicité volontaire

Classé dans : Politique — europalinka @ 18:07

Lisant ces derniers jours l’Idiot de ce cher Dostoïevski,  voilà que je me dis soudain : quelle arme effrayante que la sincérité ! La simplicité et la naïveté d’une question ou d’un regard peuvent la rendre littéralement explosive. Elle donne d’ailleurs à ce texte sa force captivante. C’est ainsi que le prince Mychkine fait exploser toutes les situations sociales dans lesquelles le hasard le pousse. Tous les torts sont de son côté, il est épileptique, sincère, amoureux de chaque humain, même du plus criminel, et surtout, il porte dans sa simplicité une atroce lucidité. Jouons un peu à ce jeu de la simplicité pour nous extraire des biais médiatiques trop quotidiens. Jouons… Tiens, prenons le cas de Julien Coupat dont la demande de liberté vient d’être rejetée aujourd’hui (vendredi 13 février) par la cours d’appel de Paris. Ce jeune homme anarchiste soupçonné sans la moindre preuve tangible de culpabilité est en prison sans avoir eu droit à un procès depuis maintenant près de quatre mois. Avec des yeux simples, que peut-on comprendre de cette histoire ? Qu’un homme est détenu sans preuve et sans procès sur la base d’un élément : ses convictions politiques. Par conséquent, disons les choses le plus simplement du monde, des opposants politiques sont incarcérés en France, sans preuve et sans procès. On oublierait presque de s’en étonner. Certes, quiconque est attentif voit l’état de droit et les libertés individuelles s’effriter de jour en jour en France. Même l’inénarrable parti socialiste publie ces derniers jours un livre noir des libertés publiques, intitulé «La France en libertés surveillées».  Toutefois, il convient de garder à l’esprit la vérité nue de chaque chose. Fermez les yeux, ouvrez-les et dites tranquillement, avec la voix la plus sincère : des opposants politiques sont incarcérés en France, sans preuve et sans procès. Ce n’est pas étonnant, c’est insupportable. L’exercice pourrait être intéressant avec d’autres sujets. Ainsi cet étonnant et récurrent débat sur les OGM. À mon sens, le problème sanitaire est absolument secondaire. Une vision naïve porterait plutôt à comprendre le problème en termes de propriété des moyens de production. Un paysan du Lubéron doit-il dépendre d’un industriel américain pour recevoir chaque année ses semis ? Doit-on abandonner tout rapport non-industriel à la nature ? Peut-on stériliser la nature pour que rien n’échappe à notre contrôle et à notre appétit du gain ? Cette gymnastique de simplicité volontaire me paraît distrayante et propre à aiguiser l’aptitude à reconnaître l’injustice là où elle se trouve. Je serais donc, moi aussi, quelques minutes par jour, un idiot afin de conserver un peu de clarté dans mes opinions politiques et dans mes raisonnements.

Alexandre Duclos,

Québec, le 13 Mars 2009.

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9 mars, 2009

-Quelques pas avec Camus en temps de crise

Classé dans : Politique — europalinka @ 5:59

« Je suis avare de cette liberté qui disparaît dès que commence l’excès de biens ». Cette proposition de la préface de L’envers et l’endroit n’est pas une invitation à une quelconque forme d’ascétisme. Albert Camus illustre simplement un point : l’appétit immodéré de possession, l’envie, la guerre économique réduisent le sujet. Ils en font un simple agent économique. « La pauvreté telle que l’ai ressentie ne m’a donc pas enseigné le ressentiment mais une certaine fidélité, au contraire, et la ténacité muette ». Voilà qui lui permet de revenir avec simplicité à son idéal de justice sociale; c’est parce qu’il ne circonscrit pas sa vie mentale à l’envie qu’il est capable de revenir à une exigence presque sensuelle de justice. Il ne s’agit pas d’abandonner la lutte : « Au contraire, lorsque la pauvreté se conjugue avec cette vie sans ciel ni espoir qu’en arrivant à l’âge d’homme, j’ai découverte dans les horribles faubourgs de nos villes, alors l’injustice dernière, et la plus révoltante est consommée : il faut tout faire en effet pour que ces hommes échappent à la double humiliation de la misère et de la laideur ».

Ce texte étrange, sublime, à la fois art poétique et éthique par provision suggère au détour d’un paragraphe que pour garder intact sa faculté d’indignation devant la justice, il doit se débarrasser de la gymnastique de l’envie. Comme on est loin du travailler plus pour gagner plus, du citoyen réduit à une qualité de consommateur, d’agent économique et technique sommé d’ingérer ce qui est produit collectivement. Si l’on suit l’intuition de Camus, alors on doit comprendre que celui qui s’adresse au consommateur avant de s’adresser au citoyen détruit en même temps la faculté de résistance de celui ou de celle à qui il s’adresse.

« Pendant huit jours, il y a longtemps, j’ai vécu comblé de ce monde : nous dormions sans toit, sur une plage, je me nourrissais de fruits et je passais la moitié de mes journées dans une eau déserte. J’ai appris à cette époque une vérité qui m’a poussé à recevoir les signes du confort ou de l’installation avec ironie, impatience, et quelque fois avec fureur. Bien que je vive maintenant sans le souci du lendemain, donc en privilégié, je ne sais pas posséder ». S’il ne sait pas posséder, Camus montre dans ce court texte qu’il sait encore se tenir debout devant les humains, parmi les humains, épris de son souci de justice. Que sa parole trouve ici un relais humble et sincère.

Alexandre Duclos

Québec, le 09 mars 2009.

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2 mars, 2009

-Bienvenue chez nous

Classé dans : Archives — europalinka @ 6:57

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Bienvenue sur notre Blog de pensée politique. Bonnes lectures, bonnes indignations, bonnes réponses.

Que la Providence vous soit douce, La rédaction.

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