Europa Linka

2 juin, 2009

-Nous ne sommes ni isolés, ni vaincus !

Classé dans : Politique — europalinka @ 9:09

Un article publié sur ce blog nous invite à nous interroger sur ce que les Français partagent après deux années de tyrannie sarkoziste. Française, piquée par la question rhétorique, j’ai décidé de me prêter au jeu.

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Quelles solidarités, quelles valeurs, quelle identité les Français partagent-ils ? Est-ce que je partage encore assez avec mes compatriotes pour me reconnaître dans une identité commune ?Hier, des habitantes d’un quartier populaire de l’une des 5 villes les plus pauvres de France ont inauguré une fresque-tapis qui décorera désormais le centre social qu’elles fréquentent. Elles l’ont tissée à leur image : de toutes les couleurs. Des heures et des heures de travail pour donner une seconde vie aux vêtements de leurs enfants, usés par les cache-cache interminables dans les chantiers de leur quartier en reconstruction.J’évoque ces femmes parce que sur elles pèsent nombre des maux infligés par notre président et ses acolytes. Opprimées en tant que femmes, travailleuses, habitantes d’un quartier enclavé subissant les frasques ANRUesques du sieur Borloo, françaises mais étrangères ou étrangères mais françaises, parfois voilées, mères d’enfants voués à subir l’injustice du système républicain. Elles cumulent. Elles représentent un condensé des résultats catastrophiques de la politique raciste, sexiste et libérale de mon pays.Pour elles, pas d’alternative possible, ces femmes sont des guerrières du quotidien. De la queue à la préfecture au suivi d’une scolarité qui les dépasse, en passant par la gestion d’un budget trop étriqué ou les négociations interminables pour être relogé décemment dans ce quartier en transformation, elles affrontent tout.

 

 

 

À l’instar de leurs compatriotes, ces femmes partagent la galère et une carte d’identité d’une République qui les opprime.

 

J’aurais pu prendre en exemple bien des Français pour qui la vie dans leur pays est de plus en plus dure et qui ressentent chaque jour un peu plus les écarts que creuse le pouvoir actuel.

 

 

 

J’ai choisi ces femmes-là parce que je passe plusieurs heures par jour à travailler à leur côté, à accompagner leurs enfants et à m’inquiéter pour leur éducation. Avec elles, je partage un désir de justice et d’émancipation, qui s’exprime avec toutes les formes de créativité à notre portée.

 

En présentant leur travail à leur droitier de maire, elles l’ont interpellé sur leurs conditions de vie, elles lui ont montré leur détermination à se battre pour les améliorer. Le petit monsieur est sorti de leur centre social un peu plus penaud qu’il n’y était entré. Cette colère opiniâtre, les Français peuvent la lire sur beaucoup, beaucoup, beaucoup de visages de leurs concitoyens.Nous partageons l’envie d’en découdre et l’espoir d’un monde plus juste. Nous partageons les initiatives de coopération, d’éducation, de solidarité, chaque jour plus dures à faire vivre, mais chaque jour plus nécessaires.

 

 

 

Pour ma part, dans l’échelle de ce que partage encore avec mes compatriotes, je place ma langue au-dessus de tout. Cette langue commune utilisée par les puissants pour mieux nous manipuler. Cette langue commune que nous pouvons, que nous devons utiliser pour nous rencontrer, pour créer, pour crier notre colère.

 

Dans les quartiers, au bas des immeubles, dans les parcs et les jardins, dans les entreprises et les écoles, dans les cafés, dans les lieux d’art et d’histoire, dans les centres sociaux et les associations, nous partageons encore et toujours la lutte et l’espoir.

 

Ne leur en déplaise !

 

Héloise Duché,
Paris, le 02 juin 2009.

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