Europa Linka

12 juillet, 2009

-IST (Inadaptation Salutaire à la Technocratie)

Classé dans : Et mon courroux coucou — europalinka @ 19:24

De retour sous les cieux parisiens après un an au delà des mers et me laissant aller à une vieille habitude, je viens de passer la journée à écouter une chaine de radio dont le nom importe peu. Au moins une fois par heure, on peut y entendre deux campagnes de l’Inpes -Institut National de Prévention et d’Education à la Santé-. La première indique qu’il ne faut pas trop boire. Merdre alors, moi qui croyait servir la patrie et la croissance en buvant hier soir une excellente bouteille d’Irancy avec mon jambon d’Auvergne et du reblochon. La seconde est l’objet de ce billet d’humeur. Elle procède d’une série de jeux de mot autour de l’acronyme IST. Un pauvre idiot de jeune croit que cela signifie Inoubliable scooter techno alors que par le chien, bon sang mais c’est bien sûr, il fallait entendre Infections Sexuellements Transmissibles. Me voilà édifié. Edifié et prodigieusement circonspect.

51f01sbl.jpgvisuelmycoselingualeaba.jpg4c5c1sbl.jpg

  L’état, puisque c’est de lui qu’il s’agit, disperse l’argent que je lui donne afin de morigéner la jeunesse qui se conduit mal en forniquant sans penser à la maladie qui la guette toujours. N’oublions pas que dans toute société traditionnelle, une maladie ou une mort relève toujours d’une faute morale. Mais justement, nous ne sommes pas dans une société traditionnelle. L’état ne se mêlera donc pas de ma moralité sauf dans les strictes limites de la définition du légal et de l’illégal. Et par ailleurs, cette campagne ne relève pas d’une information ou d’une éducation sexuelle au demeurant utile. Il s’agit assez clairement d’une campagne de culpabilisation qu’accompagne par ailleurs une autre campagne sur l’égalité des tarifs entre privé et public dans laquelle on encourage les futurs patients-clients à aller dans une clinique plutôt que dans un hôpital afin de moi couter à la sécurité sociale. Salauds de malades.

 

La sécurité sociale n’est en déficit que grâce à un habile trucage de chiffres : toutes les taxes qui doivent y être reversées ne le sont pas (exemple, taxes sur le tabac). En 2006 par exemple, 2,7 milliards de taxes sur l’alcool, 8 milliards de taxes sur le tabac, trois milliards de taxe automobiles, deux milliards d’exonération au titre de l’emploi systématiquement non compensée ainsi que d’autres taxes prévues pour être reversées au budget de la sécu l’ont été au budget de l »état. Soit environ 16 milliards d’euros. En 2008,  le rapport de la Cour des Comptes mentionne 20 milliards de non-perçus pour un déficit de 11 milliards. La sécu était donc, en droit et en fait, bénéficiaire de 9 milliards d’euros. La dette manipulée de la sécu permet d’amoindrir le chiffrage de la dette de l’état. La dette publique se calcule en effet en additionnant dette de l’état, dette des collectivités locales et dettes de la sécu. On prend à l’une ce que l’on reverse à l’autre. Toujours est-il que toute ingérence de l’état dans les affaires sexuelles de nos chers concitoyens est particulièrement injustifiée. La place publique n’est pas le lieu pour une pareille intrusion. Je ne forme pas de communauté de corps avec le gouvernement et par conséquent je souhaiterais qu’il me laisse attraper librement tous les papillomavirus et autre chaude-pisse que je veux.

 

Alexandre Duclos

 

Paris, le 10 juillet 2009.  

Pas de commentaire »

Pas encore de commentaire.

Flux RSS des commentaires de cet article.

Laisser un commentaire

alternativewittenheim |
Section cantonale de La Gra... |
RESISTER, S'INSOUMET... |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | AGIR ENSEMBLE
| Unir agir pour Etupes
| R P M justice-progrès-solid...