Europa Linka

3 octobre, 2009

-Casser les couilles.

Classé dans : A voir et à  manger,Bonjour ma colère — europalinka @ 10:11

A-t-on le droit de toucher le corps d’une personne condamnée par la justice? La peine d’incarcération permet en théorie d’éviter les châtiments corporels, la torture, les mutilations… Voici un principe de justice : la société, tout en respectant l’intégrité physique de la personne qu’elle considère comme criminelle se donne le droit de le sortir temporairement de la vie sociale normale. Que voilà des précautions oiseuses et obsolètes, coupons leur les couilles, brûlons leurs tétons, envoyons les à la machine à dépecer, du sang, du boudin! Ah non, pas de sang, ce n’est pas moderne. La modernité, c’est de torturer sans les mains.  

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Suite à une affaire de meurtre à Milly La Forêt, Brice Hortefeux, ministre de l’intérieur, Michèle Alliot Marie, garde des sceaux, Frédéric Lefèbvre, porte parole du gouvernement et le président ont tenu des propos favorables à la castration chimique. Frédéric Lefèbvre a ainsi déclaré:  « Ne doit-on pas enfin décider la mise en œuvre de la castration chimique pour ce type d’individu ? », a interrogé M. Lefebvre dans un communiqué, jugeant nécessaire de « tirer les conséquences immédiates en termes de responsabilité et de modification de la loi ». Suite à l’assassinat de Madame Marie Christine Hodeau, le gouvernement nous ressort ce marronnier populiste: nous allons castrer les criminels (on soupçonne l’assassin d’avoir commis un viol) afin d’éviter la récidive. Le point à ceci d’important que sous l’apparence d’une intervention bénigne, indolore et réparable, on change discrètement un principe de droit.La castration chimique laisse un grand nombre d’experts sceptiques. On le serait à moins. La castration chimique procède de l’ingestion de molécules anti-testostérones qui réduisent a priori la libido et produisent une lente atrophie des parties génitales, rendant les érections moins faciles. Ce traitement dépend du bon vouloir des personnes traitées, les effets s’estompent en cas d’interruption du traitement, il n’agit que sur le corps et non sur l’esprit.

Tous ces éléments mettent en cause l’efficacité technique et sanitaire du produit.  Ce n’est pas rien mais ce n’est pas le plus intéressant. Alliot-Marie connaissant les défauts du traitement chimique propose de conditionner les libérations à la consommation volontaire du produit (devra-t-on tester le taux de testostérone des individus afin de savoir s’ils peuvent rester libre). En réalité, ces annonces sont essentiellement médiatiques. En effet, il y a un problème. Soit on reconnaît que les « déviants » sexuels souffrent d’une pathologie psychologique auquel cas leur place n’est pas en prison mais en hôpital psychiatrique. Il faudrait les soigner et c’est par ailleurs ce que la castration chimique vise indirectement. L’idée est plus simple : on peut corriger physiquement les criminels. On retrouvera probablement les habituels démentis affirmant que de telles mesures relèvent d’une pensée pragmatique, permettant de prévenir les crimes et donc de diminuer les souffrances des victimes potentielles.

Dans le fond, ce pragmatisme sans principe, qui veut faire tenir la société par des mesures policières et sanitaires n’a pas encore montré toute son étendue possible. Le moyen le plus simple d’éviter la récidive,  n’est pas d’éliminer le criminel ? Par pragmatisme, il faut ici entendre la façon de s’accommoder entre la défense des intérêts idéologiques et les pulsions de l’opinion.

Toujours est-il que sans en avoir l’air, insidieusement, on cherche aujourd’hui à transformer les principes du droit français. Le gouvernement actuel voudrait redonner au pouvoir judiciaire une prérogative abandonnée depuis longtemps : le droit d’agir sur le corps, dans le corps et peut-être même, sur l‘âme.  

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Alexandre Duclos,

Paris, le 03 octobre 2009.

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