Europa Linka

7 février, 2010

-Nouvelle éthique (suite) : les nouveaux migrants

Classé dans : Essai théorique,Politique — europalinka @ 13:47

Peut imaginer une citoyenneté sans attachement au sol, une appartenance forte sans limitation dans l’espace ? La discussion des principes des la Nouvelle Ethique (http://europalinka.unblog.fr/2010/01/07/nouvelle-ethique/) nous donne l’occasion d’imaginer un nouvel usage du nomadisme. Maintenir en tension l’amour de l’être là et la haine de la fierté autochtone.

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En préambule, une réponse au premier commentaire de Leila. Effectivement, la formule « le monde commun surgit du disensus » manque de clarté. J’ai jargonné. Mea culpa. La faute est d’autant plus grave que le point est très important. Cela signifie d’abord : le monde, c’est la scène de l’action commune. C’est un espace que l’on compose collectivement dès que l’on fait société. Le monde est une convention, un environnement meublé de symbole. On prendra le soleil pour un maitre qui exige des sacrifice, la mer comme une alliée capricieuse ou un champ comme une ressource exploitable, maitrisable et prévisible. Le monde est essentiellement ce qui surgit de la fréquentation. Or pour faire vivre cette fréquentation, on a besoin du disensus, on a besoin de maintenir la conflictualité dans la discussion sur ce qu’est le monde qui peut être consciente ou inconsciente, explicite ou implicite. En effet, cette discussion, consciente ou inconsciente, ne vise pas une efficacité dans l’action mais une efficacité symbolique. Il s’agit de faire monde. Elle vise sa propre perpétuation et rien d’autre. On pourrait dire les choses autrement :

 

Troisième principe, la définition du monde commun est un problème politique qui ne supporte aucune forme de consensus (c’est à dire de suspension de la discussion). 

 

Dès lors, on doit penser un art d’être là par la parole. J’avais d’ailleurs proposé dans un article précédent (http://europalinka.unblog.fr/2009/08/18/faut-il-en-finir-avec-les-autochtones/) l’invention de formes de civilité célébrant cet art d’être là de façon éphémère. En effet, il s’agit de lutter en même temps contre la folie de ceux qui pensent un lien essentiel, génétique entre un territoire donné et un race, et ceux qui pensent leur action hors de toute relation à la matérialité du monde, gestionnaires mondialisés des flux immatériels, promoteurs de la négation du monde.  Je pensais alors à des formes de civilité célébrant au présent la présence et le rapport au monde. « Comment êtes vous ici » au lieu de « comment allez vous » (là bas).

Comment construire une  société sans territoire défini ? Les modèles existent mais sont limités. Les « barbares » qui ont déferlé sur l’empire Romain se mêlant à l’empire et le fécondant ici et là se sont déplacés continuellement mais ce sont fixés. Attila lui même avait une capitale. Les mafias, toutes transnationales quelles soient contrôlent des territoires. Les nomades d’où qu’ils soient ont des circuits qu’ils respectent cycliquement. Il est semble que seuls trois exemples se maintiennent : les gitans et surtout, les diaspora et les exilés. Dans l’exil comme dans la diaspora, on maintient un lien d’appartenance extrêmement fort tout en voyageant, on colporte une parole errante qui sert de repère, de guide, de loi commune, les liens se tissent par réseaux d’amitié extrêmement solides et dans une certaine mesure, impersonnels. 

Je reviendrai sur cette affaire de réseau amical mondial quand la providence me donnera plus de temps. Pour l’instant, je donne ceci à penser, la suite viendra.

Alexandre Duclos,

Paris, le 07 fevrier 2010.

4 commentaires »

  1. Hélène et Julie

    Tu nous manque Alexandre, tu pourrais nous donner signe de vie.
    Nous sommes inquiètes.
    A bientot Amour.

    Commentaire by Hélène et Julie — 8 février, 2010 @ 15:53

  2. Héloïse

    Comment allez-vous ? n’a pas de rapport avec l’endroit où l’on va.
    C’est un peu comme « ca va ? »
    « ca va? » sous entendu « ca passe? », c’est fluide ?
    Il paraît que pour se dire bonjour les chinois demandent souvent « est-ce que tu as bien mangé ? » et bien nous, nous avons détourné l’expression « as-tu bien fait caca ? » en plus propre : comment allez vous (à la selle) ?
    Charmant.

    Commentaire by Héloïse — 12 février, 2010 @ 10:21

  3. europalinka

    Effectivement, « comment allez vous » fait référence à notre digestion, mais en anglais, on est encore plus direct : « How do you do? ». « Ce matin, je fais ferme et voluptueux » faudrait-il répondre?

    Commentaire by europalinka — 12 février, 2010 @ 10:34

  4. europalinka

    Ceci étant, ma proposition de renouvellement des formes quotidiennes de civilité peut paraître triviale ; cependant, je reste persuadé que c’est un des moyens les plus simples de faire société.
    Merci du commentaire en tous cas.

    Commentaire by europalinka — 12 février, 2010 @ 10:35

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