Europa Linka

13 mars, 2010

-Les communes.

Classé dans : Intempestifs,Politique — europalinka @ 21:22

Le parti des communes déclare sa fondation, ici et maintenant. Quiconque lira ces lignes participe de sa naissance. Ce parti n’est pas une association de consommateurs, ce n’est pas une vitrine publique pour des intérêts privés. Les communes sont d’une part un groupe de pression, d’autre part une matrice collective vouée à la discussion du bien commun. A terme, les communes ont vocation à devenir une société complète, ou plus exactement une culture politique qui fonde une société.

lescommunes2.jpg

 

Statuts :

Article 1 : Les communes visent l’habilitation de chacun au métier et à la dignité de citoyen. Il s’agit de restaurer l’action consciente de la puissance instituante, c’est à dire la possibilité pour chacun, de modeler la société à l’image de ce qu’il ou elle désire, dans chacune de ses actions, de viser le bien commun dans chacune de ses paroles. Aucune parole ne vaut plus qu’une autre. Il n’y a pas d’expert dans les Communes.  Aucune gouvernance, aucune organisation scientifique de l’action ne peut prétendre  remplacer le conflit politique. Quant aux valeurs à défendre, liberté, égalité et fraternité sont déjà si difficiles à défendre dans la société actuelle que cette trinité élémentaire pourrait servir de base (voir la Nouvelle Ethique). Un des efforts essentiels consistera à élaborer une langue commune, une nouvelle rhétorique qui permette à chacun de demander des comptes. Parler la même langue, se comprendre, c’est déjà refonder une cité commune, ou du moins c’est créer la possibilité d’en faire une.  

 

Article 2 : Quiconque accepte de discuter des principes ou des propositions entre temporairement dans Les communes. Pour devenir membre permanent des Communes, il suffit d’en faire la demande et de signer la déclaration de principes.

 

Article 3 : Personne ne peut être exclu des communes. En revanche, le ou la porte parole élu(e) devra s’en tenir aux positions validée collectivement, faute de quoi, il ou elle sera déchue de sa position de porte parole. En tout temps et en toute circonstance, on s’exprime, parle ou signe en son nom propre. Le pseudo ou l’anonymat convient au dépotoir des opinions flatulentes, sur les forums des journaux. Un citoyen parle en son nom.

 

Article 4 : Si la situation l’exige, les Communes pourront se constituer en formation politique traditionnelle, apte à présenter des candidats aux élections municipale, régionale, cantonale, législative, présidentielle, européenne…

 

Article 5 : Les communes ne recommandent aucun mode d’action politique, elles n’en repoussent aucun a priori. Elles ne cherchent pas à contraindre mais à exister, dans les actes et les paroles de ceux et celles qui la feront vivre.

 

PRATIQUE :

 

Pour discuter des principes, il convient de se voir, de festoyer, de s’envoyer des contributions, des appels à mobilisation (…), d’afficher des maximes ou des slogans efficaces. Pour ça et dans un premier temps, deux moyens à notre disposition, les listes de courriels et un site internet. Pour la liste de courriel : europalinka@laposte.net, pour le site, laissez moi une minute et ce sera fait (http://lescommunes.unblog.fr/).

 

 

Déclaration de principes

(les seuls qui ne feront pas l’objet d’une discussion).

Credo.

 

Il est utile de perdre du temps à discuter, au moins pour se fréquenter, pour se souvenir des raisons que nous avons de nous aimer, de la juste distance qui doit exister entre nous. Tout surgit de la discussion : le bien visé, le visage du monde dans lequel on se propose de vivre, le statut que l’on attribue à chacun, la répartition des richesses que l’on consent à mettre en place. Une discussion politique ne cherche pas à se clore mais toujours à se continuer. Elle fait exister le politique et c’est la dimension la plus fondamentale de la démocratie. Cette dernière est fondée sur le droit de chacun à prendre la parole et à demader des comptes à tout(e) autre. Il n’existe aucune fatalité, d’aucune sorte, ni économique, ni politique, ni religieuse. La fin ne justifie jamais les moyens.

 

http://europalinka.unblog.fr/wp-admin/post.php?action=edit&post=310

 

Principes

Premier principe :

 

Un principe est au commencement et au commandement. (Il est primordial et ne peut surgir que d’un accord. Sa qualité élémentaire le rend aisément identifiable et applicable. Il définit les bornes d’un monde commun).

 

Deuxième principe : 

 

Dans un monde commun, la citoyenneté est un acte, un devoir et un statut premier. (Un énoncé public s’adresse toujours aussi au citoyen et non au consommateur, à l’électeur, aux membres d’un groupe particulier. Voter ne suffit pas à manifester la citoyenneté. Il faut encore témoigner d’un souci pour le monde commun et viser ce dernier par son action que ce soit dans la piété filiale, le militantisme ou le travail… En ne faisant rien pour en prendre soin, on participe de son effondrement).

 

Troisième principe :

 

Un monde commun surgit d’un conflit, d’un disensus qui est aussi, en même temps, l’alliance vivante entre les membres d’un groupe. (Le consensus substitue la gestion à la politique, la connectique à la civilité).Vivre ensemble, c’est essentiellement accepter de s’engueuler, c’est s’accorder le privilège d’être des adversaires politiques.

 

Quatrième principe :

 

Le monde commun doit être exempt de toute discrimination. On peut le nommer république. (La définition du monde commun est générée essentiellement par le mode de régulation des conflits dans la cité. Le monde comme monde commun fait immédiatement référence à la chose commune, res publica, qui seule permet de placer des principes explicites comme motif pour fonder une cité, un non un simple intérêt commun, bâti sur la somme des intérêts individuels).

 

Cinquième principe :

 

Par discrimination, j’entends toute inégalité d’accès à l’éducation, aux soins, au travail, à la justice, à la nourriture (…) due à une quelconque particularité (âge, sexe, origine, origine sociale, goût).

 

Sixième principe :

 

La propriété des outils de production est non discriminante. Elle ne peut légitimer des écarts de salaires ou de dignité. (C’est le travail qui doit être rétribué, pas la propriété. La propriété privée individuelle peut être infinie tant qu’elle n’est pas discriminante).

 

Septième principe :

 

La pauvreté n’est pas infâmante. (Elle doit être combattue mais la première insulte faîte au citoyen démuni, c’est le statut d’impur, de maudit qui lui sera attribué. Un pauvre est un être humain, un citoyen et on doit lui réserver un asile sacré).   

 

Huitième principe :

 

On ne peut détruire la nature au profit de l’environnement.

 

Neuvième principe :

 

Il y a au moins quatre temps contradictoires (le temps linéaire, le temps cyclique, le Kairos (temps du surgissement improbable et le temps que l’on ne connaît pas).

 

Dixième principe :

 

On ne peut rien enseigner qu’on ne puisse en même temps démontrer.

 

Onzième principe :

 

Le doute public n’est pas un moyen mais une fin.

 

Douzième principe : il faut toujours poser et maintenir la question : à quoi bon ce changement.

 

Treizième principe :

 

La pérennité et la pluralité ne peuvent survivre séparée.

 

Quatorzième principe :

 

Les processus d’individuation et d’appartenance doivent être maintenus dans un juste équilibre.

 

Quinzième principe :

 

Nature et culture doivent être maintenues dans un juste équilibre.

 

Seizième principe :

Le respect de la liberté individuelle est une aventure collective nécessaire.

 

Dix-septième principe :

 

La possibilité de la fraternité est une aventure toujours à la fois collective et individuelle et qui doit être toujours possible.

 

Dix-huitième principe :

 

L’égalité est inaliénable en ce qui concerne les actes de la république. (Elle n’entrave en rien les libertés contrairement à ce qui est trop souvent asséné. Dans les sociétés amérindiennes pratiquant la prestation sociale totale…).

 

Dix-neuvième principe :

 

La sécurité est une affaire externe. La surveillance de chacun par tous est à proscrire. (L’insécurité, ou le sentiment d’insécurité est la marque vivante de l’effondrement de la communauté. Elle ne suscite plus ni respect, ni appartenance, ni affection, ni obéissance. Ce serait donc renforcer son effondrement que de palier son manque de légitimité par l’usage d’une force illégitime).

 

Vingtième principe :

 

La république n’est pas limitée dans l’espace.

 

Vingt et unième principe :

 

L’intégration à la République se fait à la majorité, par adhésion et soumissions aux lois de la République, et engagement à participer à la perpétuelle élaboration de la loi. Pour se faire exclure de la République, il faut réunir un conseil de citoyens (un nombre impair) qui votera l’exclusion ou le refus de l’exclusion. Il reviendra à celui ou celle qui souhaite quitter la République de convaincre.

 

Vingt deuxième principe :

 

Les citoyens ont le droit de se démettre de leur propre liberté mais s’ils en viennent à ce renoncement alors l’état doit être considéré comme effondré, la constitution redevient une page blanche et toutes les constructions politiques concurrentes seront considérées comme légitimes.

 

Vingt troisième principe  (je n’y arrive pas, ce problème est particulièrement ardu) :

 

La société est un système de solidarité. Quiconque contrevient au droit s’expose à la vengeance du droit, tout ceci pour éviter la guérilla de chacun contre tous. Cette vengeance doit être parfaitement limitée. Deux cas de figure peuvent survenir.

 

Soit, le criminel renonce à ses droits civiques et choisit l’exil. Il s’expose alors à la vengeance de la société civile lors de son déplacement vers les frontières. La vengeance peut dans ce cas s’exprimer hors du droit et sera toujours considérée comme légitime.

 

Soit, le criminel choisit de s’exposer à la vengeance publique. Il conserve alors ces droits. On ne peut attenter à son corps. L’enfermement est envisageable mais il n’est pas nécessaire, il peut être choisi volontairement par les condamnés. Il serait bon que les citoyens payent le prix de leur vengeance en assurant eux-mêmes l’application de la peine. Les peines consisteront dans la réalisation gratuite de travaux d’intérêts collectifs d’une durée variable et d’une pénibilité variable.  Dans deux cas, le meurtre et le viol, l’enfermement sera non négociable, mais pourra toujours être changé en exil, si le criminel est prêt à prendre le risque de traverser le territoire commun en étant à la fois reconnu coupable et dénué de droit civique.

 

Vingt quatrième principe :

La création n’est pas un domaine de compétence de la République. Elle ne peut ni être encouragée (au risque de devenir un instrument) ni découragée (au risque de devenir une victime).

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