Europa Linka

2 avril, 2009

-Et mon courroux coucou

Classé dans : — europalinka @ 1:20

Le 05 février 2009, dans une parodie d’interview télévisée intitulée « Face à la crise », un des journalistes choisi par le petit président anti-républicain fait face à un dilemme cruel. Comment interpréter la réponse du tyran? Est-ce une erreur qu’il faut corriger ou une manipulation délibéré? Notre cher petit tyran vient d’affirmer qu’une majorité des trois cinquièmes à l’Assemblée est nécessaire pour élire le président du CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel) ; c’est l’inverse qui est vrai. Une majorité des trois cinquième est requise pour empêcher la nomination du futur président. Comment expliquer que ce brave journaliste et ce devant quinze millions de téléspectateurs, n’ait pas posé benoitement la question : « Monsieur le Président, ce que vous dites est faux. Est-ce une erreur de votre part ou une manipulation? Êtes-vous un incompétent ou un menteur? ». L’épisode paraît anodin mais il ne laisse pas de m’intriguer. Le respect de la liberté de la presse semblait être le sujet dévolu à Mr Pujadas et ceci posé, on ne peut imaginer qu’il ne se soit pas aperçu de l’erreur ou du mensonge présidentiel. Comment expliquer son absence de réaction que l’on peut identifier comme une faute professionnelle ? Était-il bluffé? Apeuré? Complice? Notoirement incompétent? La réponse importe peu. Ce qui importe, c’est un de ces petits paradoxes dont la vie est mal faite. Nicolas Sarkozy prétendait affirmer la pérennité de la liberté de la presse tout en démontrant de facto l’obsolescence de cette même liberté. Beaumarchais à beau faire dire à Figaro que « sans liberté de blâmer, il n’y a pas d’éloge flatteur », je doute encore que l’égo de notre tyran frénétique se soucie de telle subtilité.

Sous son règne, on a réhabilité la triplette pétainiste (travail, famille, patrie), relancé les rafles, transformé les citoyens en consommateurs, abimé les fondements de la république en décrédibilisant les enseignants et l‘école, augmenté les inégalités entre les citoyens, appauvri la France. En traitant les sans-papiers comme des sans-droits, on met en cause l’attachement de l’état aux Droits de l’homme (qui ne sont pas les droits des détenteurs de paperasses administratives). La liberté de la presse manquait au tableau de chasse. C’est maintenant chose faite. C’est bien. Une autre presse naîtra, plus libre et de fait, plus nécessaire. C’est paraît-il au tour de Jean Paul Cluzel, Président de Radio France de faire les frais du grand souci de contrôle de notre petit omniprésent. Toutes mes condoléances, en même temps, tant que Radio France ne sera pas Radio UMP ou Radio UNI, il y aura de la gêne et là où y a de la gêne…

En janvier 2006, la lecture d’une page du Progrès égyptien (feuille de choux du pouvoir égyptien), je m’amusais de l’omniprésence du nom du président Moubarak : une cinquantaine d’occurrence par numéro. Faites le test avec un Figaro, un Monde ou un Libération. Mais voilà que le rire me quitte. J’oublie que le plus important, au-delà d’un nécessaire principe de vigilance, c’est de résister, de restaurer l’humanité en soi et de lutter pour un idéal de justice sociale. J’y retourne.

Alexandre Duclos.

Québec, le 09 Mars 2009.

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