Europa Linka

10 avril, 2009

-Promenade européenne

Classé dans : Politique — europalinka @ 3:59

En dehors de l’actualité médiatique sautillant avec sa trivialité rentable et quotidienne de la Moldavie à l’Hadopi, qu’est-ce que l’avenir immédiat nous promet ? Peu de choses réjouissantes et entre autre, des élections européennes (les 6 et 7 juin prochain). Pour qui dois-je voter ? Mauvaise question. Commençons par l’élémentaire. Irais-je voter? Oui, par habitude sans doute, mais enfin, quel sens donner à cette action ? La participation en France aux scrutins européens ne cesse de baisser passant de 60,7 % en 1979 à 43,1% en 2004. Alors que l’Europe accroit sans cesse son pouvoir régulateur voire coercitif, les citoyens français s’y intéressent de moins en moins. Pis, ils ont rejeté par référendum la constitution européenne en 2005. Ils doivent avoir leur raison. Prenons la question par la poignée.

europenuit.jpgeurope.jpg

(more…)

6 avril, 2009

-Pour les papouètes

Classé dans : Pour les Papouètes — europalinka @ 14:53

Je me souviens de la Sorbonne.

Poème un peu long dédié à Sophie Poirot Delpech, ma très chère et très honorée professeure. Et Odradek qui s’en dédie.

Envoi : Mein herr Marquis,  Vous êtes un nain moral et je vous ris au nez. Ah ah ah ah, ah ah ah ah, hihihihihihihih! 

Je me souviens de la Sorbonne,

C’était un musée parisien, ou bien,

Une bouteille vide

Pleine de tics administrateurs.

Il y a un livre ouvert là bas, un livre ouvert depuis des siècles,

Qui ne se refermera pas malgré les doigts qui le referment.

Il aime penser à côté. C’est un arbre et une racine,

Une discussion sans fin qui s’aime elle-même.

Dans les couloirs de la Sorbonne

Il y a des gouffres verrouillés

Et des monstres emprisonnés.

Venez applaudir le spectacle!

Il y a la pensée pendouillée!

(le billet coute dix euros

On peut lui jeter des patates) 

Il y a l’audace éventrée.

(La séance est à cinq euros

On peut la tartiner de boue)

C’est très joli, c’est très bien fait,

Merveilleusement calculé.

Je me souviens de la Sorbonne,

Je marchais sur ses toits en pente

Suivant la respiration lente

De cette maison bousculée

Par l’armée lâchée. Par l’armée ?!

Par l’armée porcine et bleue

Qui se pressait devant sa porte

Et qui sévit peut-être encore,

En uniforme à gaz moutarde.

Je me souviens de la Sorbonne

Entourée par un mur de fer.

Je me souviens de la Sorbonne

Un peu avant, c’était encore

L’université minuscule

Des petites peurs ridicules,

Grouillant de mycoses peureuses.

Je me souviens de la Sorbonne

Quand c’était encor’ ma maison,

Quand c’était encor’ ma femme

(Je dis Ma car elle est à tous).

Dans cette Sorbonne on voyait

Des fous dormir dans les bureaux

Un vieux Monsieur découpant des journaux

Un autre collectionnant les gobelets

Et même, Ô miracle impensable,

Des tas d’étudiants étudiant,

Des tas d’étudiants étudiant,

Des tas d’étudiants étudiant.

Triturant, malaxant, arrosant, embrassant, souffletant, partageant, traduisant, accouchant, colorant, démasquant, oubliant, retrouvant, maquillant la pensée comme si c’était en même temps un nourrisson et tous les monstres possibles.

On y voit aussi des meubles humains sociopathes qui croient que la Sorbonne est juste à la Sorbonne. Ils pensent que comme eux, c’est un  meuble administratif. Pauvres innocents, pauvres petits enfants de Dieu. S’ils la voyaient voler et puis renaître ici ou là. Et puis c’est une Alchimie simple,  elle sait penser contre. Son désir est norme et sa norme est désir. La Sorbonne est une idée, une secte, une tradition, une membrane, une chorale, un champ de bataille, un corps fait de couloirs vivants et d’amphithéâtres affamés, et quelque fois, lorsque les violons ont la disgrâce de grincer un peu, c’est aussi une université. C’est une magie fragile et féconde. Lorsque la membrane est desséchée, elle s’effoire avant de tomber en poussière, une poussière qui valse longtemps dans les airs tant le nouveau sol lui parait impropre.  Les poussières de la Sorbonne valsent dans les airs et jouent à qui rêve le plus loin. 

Ils vont tuer la vieille bête!

Ces petits pantins fanatiques,

Ils vont assassiner grand-mère

Avec un air bureaucratique.

Ils vont vomir, ils vont vomir!

Et tout ensevelir sous leur colique mentale

(La soif de contrôler peut nuire à la santé!).

On va enfin pouvoir en finir avec les humanités et mettre au pas le troupeau de ceux qui ne veulent pas ranger leur chambre comme tout le monde. L’innocence et la masturbation triomphe ! On va mettre au pas papa Sorbonne bobo maman j’ai faim et les huitres  sentent le tungstène. Les ministres batifoleraient presque, n’étaient leurs robes guindées. Et puis c’est la loi, quand on étouffe la Sorbonne avec des trolls bleus, Vénus boude, la verve est en berne, la berne est en verve, et l’attrait pend au cou du vide.

Qu’ils valsent les trolls-ministres… Ils ne voient pas dans un coin le petit marmot qui rit en caressant tendrement, de sa petite main de poupon rose la grosse gâchette lustrée de l’arme à feu qui renverra toutes les ardeurs gestionnaires dans l’utérus totalitaire. C’est l’arme à doute, c’est la philia et c’est le temps.

Mein herr Marquis,

Vous êtes un nain moral et je vous ris au nez.

Ah ah ah ah, ah ah ah ah, hihihihihihihihihi.

Réponse du berger à la bergère 

Écoécoécononomienomosnomosdessousetdelapageblanchepleinedegrilles

Ratioratiorationementdetoutoutoutetmêmeduresteetpuissurtoutduresteti

enControcontrocontromaitriselogologorythmieoubienlogorhéerentablelog

orhéerentableetpeurpeurpeurpeurdumiroirvilainmiroirdupasséimproduct

ifquiveutfaireressortirlesvieuxtigresdumiroirmaintenirlabrèchemainteni

rlabrèchecouperlesregardscouperleslienscouperetlaissernousnousmastur

beravecnotrerichesseasocialemasturbermasturbercarlajouissancelajouiss

anceseulseulseulseuledonneunrangetrangéetsurtoutpasétrangéj’aimontam

poncertifiéetjevousceertifieraitoustousautampon,j’aitoutcalculétoutestenor

dreécoécoécononomienomosnomosdessousetdelapageblanchepleinedegrilles

dodododoordreordreordrecriscriscrisjouisdodododseul 

 

  Alexandre Duclos

Le 06 avril 2009

4 avril, 2009

-OTAN, G20 et fin du monde.

Classé dans : Et mon courroux coucou,Intempestifs — europalinka @ 19:22

Comme ils sont beaux, ces sommets internationaux ! Voilà le sort du monde tremblotant dans les mains prétentieuses de dirigeants surfaits. Les contestataires sont maintenus au loin par des armes, du gaz et des barrières et la mise en scène peut dérouler tous ses artifices. La foule est bien maitrisée, on peut prendre la photo. Et si ces manifestations de puissance ne relevaient que de ce qu’Hannah Arendt appelle l’acosmisme ou la négation et la destruction du monde. Obama, Brown, Sarkozy, Merkel, Hu Jintao, Berlusconi, chacun revendique pour soi une sotériologie vibrante. En offrant au capitalisme un répit, c’est le monde entier que l’on sauve. On se glorifie de dire à mi-voix ce que tout le monde sait déjà (il y a des paradis fiscaux, bien plus d’ailleurs que ces listes grises et noires le laissent entendre). Hourra, nous sommes sauvés ! Le FMI va avoir des ressources (1100 milliards d’euros supplémentaires). Hourra, nous avons oublié l’effet des précédentes politiques du FMI (Russie, Argentine, Asie du sud-est) qui ont mené l’ancien président de cette institution Joseph Stieglitz à parler de ses anciens collaborateurs comme des fanatiques de marchés (cf. La grande désillusion). Bref, quoiqu’il en soit de l’efficacité des mesures prises par nos chers dirigeants, il reste un point que l’on ne peut ignorer.

p964268d882773gapx470wouestfrance.jpg 229273ir0001j14ndbr.jpg

(more…)

18 mars, 2009

-Le goût doux-amer de la citoyenneté

Classé dans : Non classé,Politique — europalinka @ 21:19

Une histoire de guillemets.

 En France, en principe, il n’y a pas de minorités. Le citoyen français est « français » tout court. Du moins officiellement. Il va de soi qu’en réalité des minorités ethniques et religieuses sont bel et bien présentes dans ce pays des droits de l’homme. Le trait d’égalité entre français et citoyen français est loin de faire l’unanimité et n’est pas aussi naturel dans la conscience collective que le proclame l’énoncé officiel. Avec toutes ses contradictions, le modèle français demeure toutefois digne d’attention à l’échelle européenne. En Europe Centrale et Orientale, la question des minorités ethniques se pose de façon polémique et suscite beaucoup de controverses. Il y eut, dans les années 90, le scandale des stérilisations des Roms en Slovaquie. Aujourd’hui, c’est en Hongrie que la haine contre la population tsigane a repris un nouveau souffle, suite à un « fait divers » tragique le 8 février: une rixe entre des membres de l’équipe de handball de la ville de Veszprém et un groupe de Roms a causé la mort d’un sportif, blessé à vie un autre. La notion de « criminalité tsigane », utilisé sans gêne par les radicaux de la droite hongroise et rejeté, ou en tout cas écrit avec de gros guillemets par les plus modérés se retrouve désormais dans la vie publique du pays avec encore moins de gêne d’un côté et, de l’autre, noté avec des guillemets et italiques encore plus « modérés ».

344250203.jpgromdbaf7.jpg

(more…)

13 mars, 2009

-De la simplicité volontaire

Classé dans : Politique — europalinka @ 18:07

Lisant ces derniers jours l’Idiot de ce cher Dostoïevski,  voilà que je me dis soudain : quelle arme effrayante que la sincérité ! La simplicité et la naïveté d’une question ou d’un regard peuvent la rendre littéralement explosive. Elle donne d’ailleurs à ce texte sa force captivante. C’est ainsi que le prince Mychkine fait exploser toutes les situations sociales dans lesquelles le hasard le pousse. Tous les torts sont de son côté, il est épileptique, sincère, amoureux de chaque humain, même du plus criminel, et surtout, il porte dans sa simplicité une atroce lucidité. Jouons un peu à ce jeu de la simplicité pour nous extraire des biais médiatiques trop quotidiens. Jouons… Tiens, prenons le cas de Julien Coupat dont la demande de liberté vient d’être rejetée aujourd’hui (vendredi 13 février) par la cours d’appel de Paris. Ce jeune homme anarchiste soupçonné sans la moindre preuve tangible de culpabilité est en prison sans avoir eu droit à un procès depuis maintenant près de quatre mois. Avec des yeux simples, que peut-on comprendre de cette histoire ? Qu’un homme est détenu sans preuve et sans procès sur la base d’un élément : ses convictions politiques. Par conséquent, disons les choses le plus simplement du monde, des opposants politiques sont incarcérés en France, sans preuve et sans procès. On oublierait presque de s’en étonner. Certes, quiconque est attentif voit l’état de droit et les libertés individuelles s’effriter de jour en jour en France. Même l’inénarrable parti socialiste publie ces derniers jours un livre noir des libertés publiques, intitulé «La France en libertés surveillées».  Toutefois, il convient de garder à l’esprit la vérité nue de chaque chose. Fermez les yeux, ouvrez-les et dites tranquillement, avec la voix la plus sincère : des opposants politiques sont incarcérés en France, sans preuve et sans procès. Ce n’est pas étonnant, c’est insupportable. L’exercice pourrait être intéressant avec d’autres sujets. Ainsi cet étonnant et récurrent débat sur les OGM. À mon sens, le problème sanitaire est absolument secondaire. Une vision naïve porterait plutôt à comprendre le problème en termes de propriété des moyens de production. Un paysan du Lubéron doit-il dépendre d’un industriel américain pour recevoir chaque année ses semis ? Doit-on abandonner tout rapport non-industriel à la nature ? Peut-on stériliser la nature pour que rien n’échappe à notre contrôle et à notre appétit du gain ? Cette gymnastique de simplicité volontaire me paraît distrayante et propre à aiguiser l’aptitude à reconnaître l’injustice là où elle se trouve. Je serais donc, moi aussi, quelques minutes par jour, un idiot afin de conserver un peu de clarté dans mes opinions politiques et dans mes raisonnements.

Alexandre Duclos,

Québec, le 13 Mars 2009.

dostoievski02.jpguntitled1.bmpuntitled.bmp

9 mars, 2009

-Quelques pas avec Camus en temps de crise

Classé dans : Politique — europalinka @ 5:59

« Je suis avare de cette liberté qui disparaît dès que commence l’excès de biens ». Cette proposition de la préface de L’envers et l’endroit n’est pas une invitation à une quelconque forme d’ascétisme. Albert Camus illustre simplement un point : l’appétit immodéré de possession, l’envie, la guerre économique réduisent le sujet. Ils en font un simple agent économique. « La pauvreté telle que l’ai ressentie ne m’a donc pas enseigné le ressentiment mais une certaine fidélité, au contraire, et la ténacité muette ». Voilà qui lui permet de revenir avec simplicité à son idéal de justice sociale; c’est parce qu’il ne circonscrit pas sa vie mentale à l’envie qu’il est capable de revenir à une exigence presque sensuelle de justice. Il ne s’agit pas d’abandonner la lutte : « Au contraire, lorsque la pauvreté se conjugue avec cette vie sans ciel ni espoir qu’en arrivant à l’âge d’homme, j’ai découverte dans les horribles faubourgs de nos villes, alors l’injustice dernière, et la plus révoltante est consommée : il faut tout faire en effet pour que ces hommes échappent à la double humiliation de la misère et de la laideur ».

Ce texte étrange, sublime, à la fois art poétique et éthique par provision suggère au détour d’un paragraphe que pour garder intact sa faculté d’indignation devant la justice, il doit se débarrasser de la gymnastique de l’envie. Comme on est loin du travailler plus pour gagner plus, du citoyen réduit à une qualité de consommateur, d’agent économique et technique sommé d’ingérer ce qui est produit collectivement. Si l’on suit l’intuition de Camus, alors on doit comprendre que celui qui s’adresse au consommateur avant de s’adresser au citoyen détruit en même temps la faculté de résistance de celui ou de celle à qui il s’adresse.

« Pendant huit jours, il y a longtemps, j’ai vécu comblé de ce monde : nous dormions sans toit, sur une plage, je me nourrissais de fruits et je passais la moitié de mes journées dans une eau déserte. J’ai appris à cette époque une vérité qui m’a poussé à recevoir les signes du confort ou de l’installation avec ironie, impatience, et quelque fois avec fureur. Bien que je vive maintenant sans le souci du lendemain, donc en privilégié, je ne sais pas posséder ». S’il ne sait pas posséder, Camus montre dans ce court texte qu’il sait encore se tenir debout devant les humains, parmi les humains, épris de son souci de justice. Que sa parole trouve ici un relais humble et sincère.

Alexandre Duclos

Québec, le 09 mars 2009.

albertcamus.jpg

2 mars, 2009

-Bienvenue chez nous

Classé dans : Archives — europalinka @ 6:57

nouvelleimage.png

Bienvenue sur notre Blog de pensée politique. Bonnes lectures, bonnes indignations, bonnes réponses.

Que la Providence vous soit douce, La rédaction.

1...89101112

alternativewittenheim |
Section cantonale de La Gra... |
RESISTER, S'INSOUMET... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | AGIR ENSEMBLE
| Unir agir pour Etupes
| R P M justice-progrès-solid...